Frédéric Hélein

Publications, Open Access, etc. :
une liste de liens utiles avec quelques commentaires critiques

par Frédéric Hélein

Table

Glossaire sommaire
Accès aux ressources électroniques (informations pratiques pour le chercheur)
Généralités sur le système de publications scientifiques (comprendre comment ça marche)
L'évaluation (le noeud du problème)
Appels et manifestes pour que ça change
Des appels institutionnels plus discutables
Des appels institutionnels un peu flous
Pourquoi faut-il éviter un modèle Open Access dans lequel l'auteur paye ?
Une fausse bonne idée qui pourrait s'avérer catastrophique (paiements globaux des APC)
Analyses
Les initiatives pour sortir du statu quo :
       Archives de prépublications et voie verte
       Plate-formes de revues Open Access
       Outils pour construire un nouveau système
       Organismes qui soutiennent ces politiques
       Outils pour recenser l'Open Access (ou comment le chercheur peut s'y retrouver)
       Créations et émancipations de revues (bâtir un autre système)
       Initiatives et innovations intéressantes du point de vue de l'évaluation
       Autres innovations techniques
       Autres solutions impliquant des acteurs commerciaux
Actualités par pays :
       Royaume-Uni;  Pays-bas  Allemagne;  Danemark;  Finlande;  Suisse;  France
       Pérou et Taiwan;  Canada;  Brésil;  USA
       Kazakhstan
Evolutions au sein de la biologie
        Declaration On Research Assessment
Droits d'auteur et Fouille de texte et de données
Le cabinet de curiosité des perversions :
        Les publications hybrides
        Le système de cascade
        La censure en Chine
        Les revues prédatrices
Chez les éditeurs
Pour en savoir plus


Glossaire sommaire

Open Access ou OA : Accès ouvert, mode de publication des articles dans lequel le contenu des articles est accessible librement et gratuitement par n'importe qui dans le monde
- une fois cette définition posée, il reste à préciser comment les frais de publication sont financés...
Auteur-payeur (souvent désigné aujourd'hui par Gold Open Access ou voie dorée, même si le sens de ces termes était différent au début du siècle) : se réfère à un modèle OA dans lequel c'est l'auteur d'une publication (en réalité son institution, les agences qui le financent ou son pays...) qui paye les frais de publication, appelés APC
APC = Article Processing Charges (FTA : Frais de Traitement des Articles) : voir Gold Open Access. Le CS de l'INSMI recommande de ne pas les payer !
Green Open Access = Voie verte, consiste à déposer sur des archives ouvertes (arXiv, HAL...) des versions des articles publiés dans les revues, éventuellement passé un délai depuis la parution (période d'embargo)
Platinum ou Diamond Open Access : modèle de publication OA dans lequel l'article est publié sans que l'auteur n'ait rien à payer. Le financement repose alors sur d'autres modèles (institutionnels, subventions, souscriptions, crowdfunding...), voir Initiatives innovantes


Accès aux ressources électroniques

Outre le site de votre bibliothèque, vous pouvez utiliser
• le portail bibcnrs quelque soit votre discipline
• le Portail Math pour les mathématiques (voir la vidéo par Olivier Labbe)
• Diffusion des données de la recherche : voir le site de DorRANum


Généralités sur la publication scientifique

• Une vidéo #DATAGUEULE de 10 minutes.
• Sur l'Open Access : un cartoon d'une minute, un autre de huit minutes (voir aussi : CARL/ABRC - Association des Bibliothèques de Recherche du Canada).
• Un article sur les évolutions récentes de l'édition scientifique et un autre sur dérives observées récemment par Pascal Guitton
• Un article dans le Guardian sur les prix (fous) pratiqués par les éditeurs
• ... et un autre article (prépublié sur arXiv) sur la différence en terme de contenus entre un article dans une revue et sa version prépubliée : la différence est plutôt mince !


• Qu'est-ce que l'Open Access ? par l'Association of Research Libraries
• Voir la vidéo ou les planches d'une conférence sur l'Open Access de Benoît Kloeckner
• La page de Karim Ramdani, avec des recommandations pour les chercheurs,
• Le chapitre 5 du Livret d'accueil des mathématicien(ne)s (janvier 2017, pages 51 à 59) ou l'article dans la Gazette des mathématiciens, que j'ai rédigés


L'évaluation

L'évaluation est inextricablement liée à la diffusion des connaissances à travers le système de publications, pour le meilleur et, aujourd'hui, pour le pire ! Car, d'une part, cette confusion entre les deux fonctions maintient les chercheurs enchaînés aux grands éditeurs et, d'autre part, elle nourrit un système d'évaluation de plus en plus défaillant
• ... et même toxique pour la Science ! On pourra lire à ce sujet l'excellent livre La malscience de Nicolas Chevassus-au-Louis
• Comme d'autres communautés scientifiques, les biologistes en ont pris conscience il y a plusieurs années : voir la déclaration DORA sur les dérives de la bibliométrie
• ...mais, malgré toutes ces prises de conscience, on peut déplorer que les institutions continuent à perpétuer ce système ! (le point de vue d'un journaliste scientifique).

Pour en savoir plus :
• Un rapport de l'ICSU (International Council for Science) sur l'Open Access et l'évaluation.
• Un aperçu historique sur la bibliométrie : exposé de Didier Torny
• Une étude parue dans l'EMS Newsletter (cf. page 41), par Adam Bannister and Olaf Teschke, sur l'étalement dans le temps des citations des articles en mathématiques qui, entre autre, confirme que la période utilisée pour les indices bibliométriques est totalement inadaptée à l'évaluation des mathématiques.
• Un rapport remis en juillet 2017 à la Commission Européenne qui propose de nouveaux modes d'évaluation, pour remplacer les facteurs d'impact et autres indices, critiqués de longue date, par un usage "matricielle" de critères. Ceux-ci seront mis en application à partir d'avril 2018, pour le prochain programme cadre européen. Mais traite-on le mal à la source ?

En conclusion, il est urgent d'innover avec des systèmes d'évaluation ouverts, comme F1000 ou, mieux encore parce que non commerciaux, SciPost ou Peer Community in X, ou encore avec d'autres projets... et d'affirmer la primauté d'une évaluation qualitative faite par des scientifiques, découplée de la diffusion.

Appels et manifestes pour que ça change

The Budapest Open Access Initiative (14 février 2002), un appel pour une publication en Open Access libérée des contraintes imposées par les éditeurs.
• L'appel au boycott d'Elsevier The Cost of Knowledge lancée par Tim Gowers le 22 janvier 2012 (version française, article détaillé)
Déclaration commune COAR-UNESCO (COAR : Confederation of Open Access Repositories) : éviter la concentration de l'édition dans les mains de quelques éditeurs, éviter le modèle avec APC et baisse des coûts.
• Des prises de position par les sociétés savantes : SMF, SMAI et SFdS (Open Access : mise en garde et effets pervers du système auteur-payeur), la Société Française d'Ecologie et d'Evolution (Le système de publication scientifique actuel ne sert pas l'intérêt de la science...)
• L'Appel de Jussieu (octobre 2017) [quelques soutiens : Conseil Scientifique de l'INSMI, CA de la SMAI, First Consortio Assembly form Ibero-America and the Caribban...]
Déclaration de l'International Council for Science (novembre 2014), qui insiste notamment sur la nécessité de ne plus fonder l'évaluation sur la bibliométrie. "

Et pour revenir aux grands principes : la Résolution sur les sciences et le progrès dans la République adoptée par l'Assemblée Nationale le 17 février 2017 nous rappelle que " la science [...] constitue [...] un bien commun, comme le souligne un rapport de l'UNESCO, en ouvrant les perspectives culturelles des citoyens à la recherche d'une meilleure compréhension du monde. " !

Des appels institutionnels plus discutables

Ces déclarations appellent à un développement de l'Open Access et contiennent de bonnes idées. Malheureusement leurs rédacteurs considèrent souvent que la voie privilégiée pour l'Open Access est le système Auteur-payeur (avec APC ou avec un règlement institutionnel des frais de publication par pays) ou, à défaut, la voie verte. Ils oublient de préconiser le développement d'autres voies (voir Initiatives innovantes). Simple manque d'imagination ? effet du lobbying des éditeurs ?
European University Association Statement on Open Science to EU Institutions and National Governments (octobre 2017)
Expression of Interest in the Large-scale Implementation of Open Access to Scholarly Journals par l'ERC (21 mars 2016).
• Déclaration commune remise à monsieur Carlos Moedas, Commissaire européen à la recherche (2016) par les Académies des Sciences françaises, allemande et britanniques, ignorant toute possibilité d'innovation en ce qui qui concerne l'Open Access (voir aussi les versions anglaises et allemandes, plus détaillées et agrémentées d'une citation d'Einstein)



Des appels institutionnels un peu flous

Une déclaration prennant position en faveur de l'Open Access sans vraiment prendre partie :
Amsterdam Call for Action in Open Science (voir aussi la page wiki)

Pourquoi faut-il éviter un modèle Open Access dans lequel l'auteur paye ?

• Parce que cela revient à remplacer le modèle ancien avec ses inégalités pour lire les articles par un modèle avec des inégalités entre chercheurs pour publier... et c'est peut-être bien pire.
• Parce que les sommes que certains chercheurs peuvent être prêts à payer pour publier en Open Access pourraient bien atteindre des niveaux totalement déraisonnables.
• Parce que cela ne peut qu'aggraver le problème de la prolifération des publications inutiles (que, notamment, on ne parvient plus à évaluer correctement à cause d'une saturation des experts sollicités pour cela), déjà présent dans le système de bouquets de revues. A ce sujet la situation actuelle montre que, d'ores et déjà, les comités éditoriaux des revues ne sont pas un garde-fou suffisant pour contenir la pression commerciale à publier toujours plus... sans parler de la prolifération des revues "prédatrices"... (voir l'analyse du Comité sur les publications de l'EMS)

Une fausse bonne idée qui pourrait s'avérer catastrophique

• C'est l'idée, pour chaque pays, de négocier globalement les frais de publication en Open Access de ses auteurs : soit sous la forme de contrats intégrant à la fois des frais d'abonnement et ces frais de publication, comme c'est le cas, par exemple, aux Pays-Bas, soit, de façon plus radicale, en ne payant plus que pour publier.
• Cette dernière option a été proposée par la Max Planck Gesellschaft, en Allemagne. Cette institution a obtenu de l'ensemble des institutions allemandes un engagement à basculer du modèle actuel sur abonnement vers un modèle dans lequel les institutions payent uniquement pour couvrir des frais de publication en Open Access de ses auteurs. Les abonnements deviendraient en effet alors inutiles.
• Evidemment, pour qu'un tel plan marche, il faut que les institutions de la planète entière fassent de même. C'est la raison pour laquelle la Max Planck Gesellschaft cherche à convaincre les institutions du monde entier, à travers l'opération politique initiative OA2020 (voir la page et les analyses plus bas).
• Mais la stratégie OA2020 repose sur une étude de coût global (white paper) assez grossière et sur la croyance, à mon avis bien naïve, qu'un marché des APC sera plus vertueux et donc plus favorable aux institutions et aux chercheurs que le marché actuel des abonnements.

Si elles permettent de résoudre certains problèmes, ces stratégies ne changent rien au problème fondamental, à savoir que les grandes compagnies d'édition conservent la propriété des titres, de leurs contenus (en grande partie) et le pouvoir que cela leur confèrent, et peuvent ainsi continuer à en abuser comme elles le font aujourd'hui.
• Du point de vue des grosses compagnies d'édition, ces stratégies sont idéales : elles proposent des modèles de publication en Open Access stables et beaucoup moins risqués que le paiement individuel des APC, car les frais de publication resteront invisibles pour les chercheurs qui continueront à ne pas se poser de questions (rappelons que, pour maintenir le chiffre d'affaire des gros éditeurs, ces frais devraient dépasser les 5000 euros en moyenne).
• En revanche, pour les petits éditeurs et les éditeurs académiques, qui publient la majorité des revues scientifiques et qui résistent tant bien que mal à la concurrence des très gros, un tel basculement risque de leur être fatal. On aboutirait ainsi à renforcer davantage la concentration de l'édition dans les mains des plus gros éditeurs.

En fin de compte on peut se demander dans quelle mesure les orientations de la Max Planck Gesellschaft sont indépendantes des intérêts de groupes comme Springer-Nature, sachant qu'elle est associée à la Max Planck Förderstiftung, fondation dotée d'un capital de 500 millions d'euros, fondée et présidée par Stefan van Holtzbrinck, propriétaire de 53 % du capital de Springer-Macmillan (qui a racheté Nature) et co-dirigée par le président de la Max Planck Gesellschaft.

Analyses

Analyses générales :
• Sur les dépenses des bibliothèques : la vidéo et les planches de la conférence de Jean-François Lutz
• Sur les coûts de la publication en SHS : la vidéo et les planches de la conférence d'Odile Contat
Comparaison des politiques de 12 pays européens où l'on voit que la voie verte reste privilégiée dans la plupart des pays (mars 2016)

A propos de l'initiative OA2020 :
Substituting APC for subscription: the cure is worst than the disease par David Shulenberger.
• L'analyse de l'EPRIST par Michel Vajou (janvier 2016), suite à la première réaction du syndicat des éditeurs.
Interview de Mark Patterson
• Blogs de Bjoern Brembs :
- Commentaires sur l'effet supposé "vertueux" de la compétition entre revues sur les montants de APC (mars 2017)
- commentaires sur l'étude sur laquelle la MPG s'appuie (avril 2015)
• L'ERC apporte un soutien mitigé à OA2020, saluant la mobilisation de la communauté scientifique, mais soulignant les risques de dérapage en terme de coût
• Le rapport "Les nouveaux enjeux de l'édition scientifique" de l'Académie des Sciences (2014) contenait des observations justes sur l'inflation du nombre de publications et l'usage idiot de la bibliométrie, mais aboutissait à une conclusion très décevante, à savoir une proposition de modèle proche de OA2020.
• Le blog récent de Richard Poynder : The Open Access Big Deal: Back to the Future (28 mars 2018)
• Un article que j'ai écrit avec Marie Farge, paru dans Médiapart le 13 avril 2018 : Transition vers l'accès libre : le piège des accords globaux
• Enfin le modèle OA2020 a reçu en septembre 2017 un accueil plutôt chaleureux de la part d'Elsevier, vantant au passage SCOAP3, c'est à dire précisément le modèle qui inspira les concepteurs de OA2020... Le point de désaccord reste... le prix ("Be realistic about cost").

Sur l'Appel de Jussieu :
• Le blog de Peter Suber
• Le commentaire SavoirsCom1 soutient l'Appel de Jussieu, mais souhaite une science vraiment ouverte
• La position du CLACSO-Latin : "CLACSO-Latin American Council of Social Sciences-network of 611 research institutions in 47 countries- congratulates the contributors of this call for also including a "call on creating an international consortium of stakeholders".  We agree that we have to strengthen investments in innovation in scholarly-led open access publishing which does not involve any payment for authors and readers.  In the past 20 years CLACSO has been active in the promotion and implementation of open access initiatives in Latin America, the region of the world with the highest adoption rate of non-commercial open access (no APC's). We have issued CLACSO's Declaration on Open Access managed as a commons by the scholarly community in 2015, but we are now very concerned with proposals for flipping subscriptions to APCs as the way forward for global scholarly communications.  The Jussieu Call raises an alternative much needed voice for a scholarly-led open access and open science future."

Les initiatives pour sortir du statu quo

Quelques principes pour partir sur de bonnes bases, par Cameron Neylon

Archives de prépublications et voie verte
• Les sites de dépôts de prépublication arXiv et HAL sont les plus utilisés par les mathématiciens, ils permettent la dissémination et la conservation de milliers d'articles et sont la base de la voie verte pour l'Open Access.
• Il existe bien d'autres sites de dépôt, comme Inspire pour la physique des hautes énergies, PubMed pour la médecine, bioRxiv pour la biologie et Zenodo pour les données. Le site européen OpenAIRE a pour ambition de tous les recenser.
• Le projet EuDML (European Digital Mathematical Library) s'appuie sur un réseau d'institutions pour proposer une bibliothèque d'articles (et non de prépublications !) en mathématiques librement accessibles

Plate-formes de revues Open Access
Des plate-formes qui regroupent des revues scientifiques avec des articles en Open Access et, pour la plupart, sans frais de publication :
• La plus importante est SciELO (voir Actualité par pays, Brésil)
OpenEdition est une plate-forme française qui propose des ebooks, 471 revues, des carnets en Open Access en SHS
• Le centre Mersenne est un projet d'édition de revues en sciences exactes (composés en LaTeX) en Open Access sans APC qui étend aux sciences exactes le portail Cedram de revues en mathématiques soutenu par Mathdoc (voir les planches ou la vidéo d'Évelyne Miot et Célia Vaudaine)

Des outils pour construire un nouveau système
• Le Public Knowledge Project développe l'Open Journal System, un système ouvert de gestion et de publication
Open Access Cooperative Study cherche à créer un modèle coopératif, mettant en commun des bibliothèques, pour publier des revues en OA sans frais de publication pour les auteurs
Knowledge Exchange est un groupe de documentalistes de plusieurs pays européens qui oeuvrent à définir une politique commune de construction d'infrastructures pour une science ouverte
Dissemin est un projet qui propose un logiciel libre permettant de fouiller dans les toiles les articles publiés par un auteur à partir de son numéro d'identification ORCID. Ce système a été implémenté dans HAL.
• Après leur expérience Finch plutôt désastreuse, les britanniques cherchent de nouveaux principes pour innover et construire un modèle d'édition plus vertueux et efficace, dont notamment l'excellente idée de découpler les différentes fonctions traditionnelles d'une publication.

Des organismes qui soutiennent ces politiques
Pour un panorama européen, voir la vidéo ou les planches de Saskia de Vries
The University of Pittsburgh Library
Scholarly Publishing and Academic Publishing Coalition (SPARC)
• Les fondations Compositio Matematica, LingOA, PsyOA et MathOA, regroupées au sein de la Fair Open Access Alliance soutiennent les initiatives d'émancipation des revues (voir plus bas)
• La Global Sustainability Coalition for Open Science Services (SCOSS) est une association d'institutions qui soutiennent financièrement les projets non commerciaux pour la construction d'une infrastructure pour la Science Ouverte.

Des outils pour recenser l'Open Access
• La base de données Sherpa/Romeo qui recense les pratiques de copyright et d'auto-archivage des revues
• Le site WebQuery permet d'avoir des informations sur les pratiques d'accès ouvert (Open Access) des revues
• L'Open Access Directory
• Une liste de revues de mathématiques Open Access sans APC dressée par le CIMPA (voir aussi la page de Karim Ramdani)
• Le site Journal declarations of independence donne une liste de journaux émancipés (voir plus bas).

Créations et émancipations de revues en Open Access sans APC
Des revues antérieurement publiées par des éditeurs privées s'émancipent en devenant des revues Open Access financés sans APC :
• Un exemple largement commenté : Topology qui est devenu Journal of Topology
Acta Mathematica et Arkiv för Matematik ont quitté Springer début 2017 et sont devenus Open Access sans APC
• Le Journal of Algebraic Combinatorics a quitté Springer pour devenir le nouveau JACO en 2017

• Grâce à un support de l'INSMI, des revues en Open Access sans APC sont créées et hébergées sur le site du Cedram (prochainement Mersenne). Les plus récentes sont le Journal de l'Ecole Polytechnique (voir la vidéo et les planches de la conférence de Claude Sabbah), SMAI-JCM et prochainement les Annales Henri Lebesgue.
• Le journal IPOL, soutenu par le CMLA (ENS de Cachan), en traitement d'image permet de tester en ligne les logiciels présentés dans les articles (voir la vidéo et les planches de la conférence de Bertrand Kerautret)
• Le projet épisciences propose de créer des épijournaux qui consistent en des comités de rédaction travaillant de façon classique sur des articles qui sont accessibles sur des banques de dépôt comme arXiv ou HAL.
Discrete Analysis est un "overlay journal" : les articles sont déposés sur arXiv et sont évalués par le comité de lecture de ce journal.
Knowledge Unlatched est un système coopératif finançant l'édition de livres numériques en Open Access, soutenu par des souscriptions auprès des bibliothèques adhérentes. Depuis 2017 ce projet s'étend au financement de revues.
Open Library of Humanities est un projet similaire pour les revues

Initiatives et innovations intéressantes du point de vue de l'évaluation
Innover dans la façon d'évaluer : les journaux reposant sur une "évaluation par les pairs ouverte" (Open Peer Review) se multiplient. La différence essentielle avec une revue traditionnelle est que les articles soumis et les rapports (anonymes ou non) des experts sont mis en ligne, les réponses des auteurs sont également visibles et, souvent, d'autres chercheurs peuvent participer au "débat" d'évaluation autour d'un papier. La qualité et le sérieux de l'évaluation (souvent en chute libre dans le modèle traditionnel) s'en trouvent améliorés. S'il est accepté, l'article sera publié en Open Access. Des exemples sont : F1000, qui comporte des frais de publication (raisonnables pour l'instant), SciPost, sans frais de publication (ceux-ci sont pris en charge par des sponsors institutionnels), qui se développe en physique (voir l'exposé par Jean-Sébastien Caux).
Innover dans la façon d'évaluer et en séparant la diffusion de l'évaluation : c'est, par exemple, le but de Peer Community in..., une plate-forme d'évaluations, placées sous la responsabilité de comités scientifiques. Les articles (publiés ou non) peuvent y bénéficier (ou non) de recommandations, élaborées suivant un processus ouvert. Tout est expliqué dans le cartoon ! Peer Community in X a reçu le soutien du CoNRS, section 29, du CS de l'INEE et de la Société Française d'Ecologie et d'Evolution.
• Self Journal of Science SJS, un projet dont le principe est très intéressant, mais qui peine à démarrer.

Autres innovations techniques
• La non profit organization Hypothesis a créé un logiciel Open Source permettant d'annoter les pages web, récemment implémenté dans eLife.

Autres solutions impliquant des acteurs commerciaux
Scoap3 est un consortium mondial qui centralise le paiement des APC des articles publiés en physique des hautes énergie suivant une répartition par pays. Il s'agit donc essentiellement d'un modèle de type "Gold Open Access". Cette expérience à petite échelle a permis une vision des coûts des APC et de contenir un peu leur inflation, mais cela ne change pas le rapport de force entre les institutions et les gros éditeurs, qui reste en faveur de ces derniers.
• La mégarevue Plos One est une revue totalement Open Access avec frais de publication créée il y a une dizaine d'année avec le dessein de proposer des APC raisonnables. Ceux-ci étaient effectivement bas à la création, mais ils ont augmenté et sont aujourd'hui de l'ordre de 1500 $, ce qui n'est pas rien (même si l'on reste en deçà de ceux pratiqués par les grands groupes d'édition). Malgré une très forte expansion à ses début, la croissance de Plos One est aujourd'hui en baisse, notamment à cause de la concurrence de Scientific Reports, créé plus récemment par Springer Nature sur le modèle similaire.
• Le projet eLife a une histoire similaire à celle de Plos One : cette non-profit organization financée par des subventions de divers organismes publie des articles en Open Access qui étaient sans APC jusqu'à fin 2016, mais en 2017, eLife a été amené à introduire des APC de 2500 $ !
F1000 (pour Faculty of 1000) est une plate-forme en Open Access, utilisée par les biologistes et les médecins, avec un comité éditorial comptant 8000 chercheurs. Les articles soumis sont immédiatement mis en ligne et les rapports des experts évaluant les articles sont non anonymes (Open peer review). Le projet est similaire à SciPost et Peer Community in..., à la différence que les auteurs paient des APC (d'un montant raisonnable) (voir la page wiki en anglais).
• Les réseaux sociaux scientifiques Academia, utilisé en SHS, et ResearchGate rencontrent un certain succès, notamment parce que ces sites permettent à un chercheur de rapidement mettre en ligne sous une forme accessible à tous les membres du réseau ses prépublications et ses publications, grâce à un algorithme efficace. Néanmoins le statut des contenus mis en ligne par les chercheurs sur ce site est totalement flou du point de vue du respect du droit d'auteur et du copyright. De plus il n'est pas impossible que ces réseaux soient rachetés un jour ou l'autre par un grand groupe d'édition, pouvant ainsi devenir propriétaire des contenus que les chercheurs y ont placés. Parallèlement à cela ResearchGate est l'objet d'attaques de la part du syndicat STM (voir Chez les éditeurs... Syndicat STM).

Actualités par pays

Royaume-Uni
Ce pays (dans lequel la politique est mise en oeuvre par le JISC) fut le premier à se jeter dans l'aventure du Gold Open Access institutionnel :
• Cela commença avec le rapport Finch en 2012 : The Finch fiasco
• et aboutit à la mise en place d'un protocole complexe
• Quelques années plus tard, suivant le rapport du JISC en octobre 2016, les coûts de l'IST ont continué à augmenter dans des marges énormes et des informations plus récentes confirment les difficultés à maîtriser les coûts, toujours en hausse.

Récemment, les institutions britanniques a pris conscience de la nécessité d'introduire de la flexibilité pour accompagner et encourager des innovations plus profondes (planches de la conférence de Neil Jacobs, JISC), de l'intérêt de découpler les différentes missions du travail de l'édition (planches de Steven Hill, HFCE et son de ces deux présentations). (Plus généralement, voir les documents sur la récente conférences Redux qui s'est tenue à Londres en février 2018.)
Un exemple : l'University College London va créer une plate-forme de publication dédiée à la publication en Open Access avec des innovations dans l'évaluation (et probablement l'objectif de mieux maîtriser les coûts).

Pays-bas
Les Pays-bas se sont engagés dans des négociations combinant abonnements et règlement global des APC pour les articles de ses chercheurs :
Accord entre Wiley et les Pays-bas pour 2016-2018, annoncé par Wiley
Accord avec Elsevier sur la même période (ce fut dur !)
Ces accords prévoient un basculement progressif vers la prise en charge d'APC (objectif : 30 % des publications hollandaises en 2018) avec une maîtrise des coûts. Une avancée est la transparence : les néerlandais sont les premiers à rendre publics les détails de leur contrat, mais hélas avec une reconduction du statu quo et de l'oligopôle.
Un plan national pour l'Open Science a été récemment conçu.

Mais les Pays-bas sont aussi le pays où des fondations comme Compositio Mathematica, LingOA, etc. ou des projets comme SciPost ont vu le jour, dans le but est de favoriser le développement de revues en Open Access sans frais de publication (voir Initiatives)

Allemagne
• Dès octobre 2015 la Max Planck Gesellschaft avait conclu un accord avec Springer prenant en compte des APC;
• Les allemands se sont dotés récemment du consortium DEAL (équivalent de Couperin en France), chargé des négociations avec les éditeurs
• La stratégie adoptée au niveau fédéral a été élaborée par la Max Planck Digital Library (liée à la Max Planck Gesellschaft) et est radicale : remplacer les contrats d'abonnememnt existants par des contrats couvrant les frais de publication en Open Access des chercheurs en Allemagne.
• Avec Springer et Wiley, les négociateurs allemands sont d'accord sur le modèle, mais pas sur le prix, raison pour laquelle, en janvier 2018, les négociations n'ont toujours pas abouti.
• Pour ne pas continuer à payer les frais d'abonnememnt, la Max Planck Gesellschaft cherche à convaincre la planète entière à faire de même (les abonnements deviendraient ainsi inutiles) : c'est le but de l'opération de propagande massive OA2020 (cf. page)
• Avec Elsevier, les négociations sont difficiles : fin 2016, aucun accord n'a été obtenu; les institutions allemandes décident alors de "boycotter", à savoir : à partir de janvier 2017, à chaque fois que l'abonnement d'une institution allemande arrive à échéance, celui-ci n'est pas renouvelé. Cette position dure est renforcée par la démission de chercheurs allemands en octobre 2017. Un article de Nature de décembre 2017 commente ces aventures.
• L'effet secondaire positif du "boycott" est que les allemands ont fait des économies et se demandent : Que faire avec l'argent des abonnements (10 octobre 2017)

En conclusion, il importe d'éviter toute confusion (souvent présente dans le discours des promoteurs de OA2020) et de bien faire la distinction entre :
a) d'une part, le modèle prôné par OA2020 qui ne résout rien aux problèmes qui se posent et risque de les aggraver à long terme;
b) d'autre part, la détermination exemplaire des allemands pour faire baisser les coûts. Cette détermination est exemplaire mais les allemands ne sont pas les seuls : outre les néerlandais qui s'étaient battus bravement face à Elsevier, des négociations dures sont ou ont été engagées dans d'autres pays : Finlande, au Pérou, à Taiwan, au Danemark et... même en France ! (mais la détermination ne suffit pas, et, à cet égard, le résultat obtenu par les finlandais est décevant.)

Danemark
L'organisation Deff se bat pour obtenir de meilleurs conditions et des prix plus bas.

Finlande
Les finlandais ont engagé fin 2016 des négociations dures avec Elsevier, assorties d'un Boycott mobilisant toute la communauté scientifique finlandaise. Ces négociations ont abouties début 2018, malheureusement pour un résultat très décevant, juste une remise de 50 % sur les APC !

Suisse
La Suisse vient de s'engager dans la même voie que les Pays-Bas ou d'autres pays du nord de l'Europe, à savoir négocier des accords avec les éditeurs incluant les frais d'abonnement et les frais de publication. Cette stratégie est décrite en détail .

Pérou et Taiwan
Avec l'Allemagne et la Finlande, ces deux pays sont aussi engagés dans des négociations dures, accompagnées d'un Boycott d'Elsevier par Taiwan, l'Allemagne et le Pérou

Canada : un pays exemplaire !
• En 2016, l'Université de Montréal s'est désabonnée du bouquet Springer pour s'abonner titre à titre.
• L'Association des Bibliothèques de Recherche du Canada propose un livre blanc qui invite à ne pas perpétuer le statu quo et qui brosse le portrait de la situation au Canada. On y voit que les bibliothèques soutiennent fortement l'édition savante par des services, par exemple, l'hébergement d'OJS. Les recommandations de ce livre blanc (cf. page 15) sont vraiment intéressantes : investir dans ces approches collaboratives et perturbatrices au lieu des modèles FTA qui maintiennent le statu quo" !

Brésil : un autre pays exemplaire !
• Le Brésil a mis en place la plate-forme SciELO (Scientific Electronic Library Online, voir la présentation) qui regroupe plus de 1200 revues en Open Access, dont beaucoup sont sans APC. Cette plate-forme est utilisée par tous les pays d'Amérique latine.
• Malgré cela, il semble que cette plate-forme souffre d'un certain isolement vis à vis du reste du système de la publication scientifique mondiale et de fragilités dans son modèle de financement (difficultés dont les grands éditeurs ne peuvent que se réjouir !). Il serait bien que la communauté scientifique se mobilise pour reconnaître davantage ce projet et le soutenir.

Kazakhstan
Le pays qui donne des cauchemars aux dirigeants d'Elsevier, Springer Nature, ACS & consorts. C'est en effet dans ce pays qu'est basé Sci-Hub, site pirate utilisé par les chercheurs de tous les continents (sauf l'Antartique) pour télécharger chaque jours des centaines de milliers d'articles gratuitement mais illégalement !

en France ?
• Les institutions de l'enseignement supérieur et de la recherche en France sont associées au sein du consortium Couperin (existant depuis 1999) pour mener les négociations avec les éditeurs afin d'obtenir de meilleurs conditions et de contenir la hausse des prix.
• L'article L533-4 de la "loi pour une République numérique, promulgué en octobre 2016, permet aux chercheurs des institutions françaises de déposer le contenu de leurs articles sur des archives ouvertes six ou douze mois après leur publication, selon qu'il s'agit d'articles en sciences exactes ou en SHS (voir la vidéo ou les planches, ou encore page 57 et un historique)
• Le seul éditeur français qui publie des revues en sciences exactes est EDP Sciences. Cette entreprise, dont le principal actionnaire est la Société Française de Physique, est de taille modeste face aux géants anglo-saxons de l'édition.
• Début 2018, les institutions sont entrées dans une phase de négociation difficile avec Springer, avec comme comme conséquence un non renouvellement des abonnements au bouquet Springer, dans le but de faire baisser les prix (voir aussi la page)
• Des projets innovants de publication en Open Access sans frais pour les auteurs sont en développement : OpenEdition pour les SHS, le Cedram pour les revues de mathématiques (mis en placepar Mathdoc), épisciences (voir Initiatives pour sortir du statu quo)
• En mathématiques, les trois sociétés savantes de mathématiques SMF, SMAI et SFdS publient de bonnes revues scientifiques. Les revues MSinA et SMAI-JCM (de la SMAI) et les revues de la SFdS sont en Open Access. Les autres revues de la SMAI sont publiées par EDP Sciences. Les revues de la SMF ne sont pas en Open Access, mais leurs prix sont extrêmement raisonnables.

et aux USA ?
Contrairement à beaucoup de secteurs, pour ce qui est de l'édition scientifique, la plupart des grands grands groupes qui dominent le marché ne sont pas américains mais européens (les USA comptent essentiellement comme grands groupes la "non profit" American Chemical Society -- mais pas moins cupide pour autant -- et Thomson Reuters maintement appelé Clarivate, qui ne publie pas de revues mais vend la base de données Web of Science).
• En revanche la diversité des presses universitaires est grande. Certaines universités sont très actives dans le développement d'innovations, qui sont autant de solutions alternatives aux contrats globaux avec les multinationales de l'édition. Un exemple est le MIT, on pourra à ce sujet regarder les transparents de Amy Brand, tout en l'écoutant, ou bien voir ce qui se passe à Pittsburgh.
• Il n'existe pas de consortium au niveau fédéral regroupant les universités
• En 2011, le syndicat américain AAP avait proposé le projet de loi Research Work Act dans le but d'empêcher la mise en ligne librement accessible des contenus des publications en médecine (notamment via la plate-forme PubMed), six mois après leur publication. Face à une mobilisation de chercheurs, le projet fut abandonné.

Evolutions au sein de la biologie

The San Francisco Declaration On Research Assessment (DORA) appelle à se libérer de l'usage absurde et abusif de l'évaluation par la bibliométrie

Jadis (les années soixante) les biologistes avaient commencé à échanger des prépublications. Cela n'avait pas plus aux éditeurs qui avaient fait pression de façon efficace pour tuer dans l'oeuf cette initiative. Aujourd'hui on assiste à un regain d'intérêt pour les prépublications  (par exemple bioRxiv):
le réveil des biologistes (Science-Presse, 16 mars 2016),
Preprints for the life Sciences (Science, 20 mai 2016)
• Cela est à l'origine du mouvement ASAPbio dans les pays anglo-saxons
... suivi récemment par l'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé : Aviesan
• La plate-forme d'Open review Peer Community in... a commencé à se développer en biologie (voir Autres initiatives).

Droits d'auteur et Fouille de texte et de données

Voir le mini-cours en ligne conçu par Lionel Maurel sur le droit d'auteur et les licences libres (voir aussi le blog)

Les six licences Creative Commons, qu'il est recommandé d'utiliser

La vidéo ou les planches de la conférence d'Isabelle Gras, la vidéo de Marie Farge

La Fouille de texte et de données, souvent appelée TDM pour Text & Data Mining consiste à explorer des corpus absolument gigantesques de textes ou de données afin d'en extraire des informations pertinentes dont on a précisé les caractéristiques à cet effet. Cette pratique, encore peu utilisée en mathématiques (mais il y a de fortes chances que cela évolue) s'est imposée comme un outil révolutionnaire dans de nombreuses disciplines (biologie, génétique, agronomie, géographie...). Il n'y a pas d'obstacle technique à cela, mais des obstacles dûs aux barrières mis en place par les éditeurs pour percevoir des droits à chaque utilisation des corpus qu'ils détiennent ou bien pour se réserver le monopole du TDM sur leurs données.
• C'est la raison pour laquelle, suivant d'autres pays (Royaume-Uni, Allemagne...), la France a promulgué Article L342-3 (faisant partie de la Loi pour une République Numérique). Malheureusement cet article reste inopérant, faute de décret d'application (et de volonté politique face à certains lobbys).
• Les attentes se tournent donc vers la révision de la directive européenne sur le droit d'auteur, dont un projet est en discussion. Mais rien n'est acquis : voir à ce sujet l'article suivant, que j'ai écrit dans Médiapart, en octobre 2017, la Lettre ouverte de SPARC au Parlement Européen, la note de l'EPRIST, qui renvoie au Communiqué de presse de Couperin, accessible également via la note de l'INIST.

Le cabinet de curiosité des perversions

Les publications hybrides
• Une publication hybride est un article paru dans une revue dont l'accès est payant, sur abonnement, mais dont l'auteur paye un APC pour qu'il soit en accès libre. Autrement dit, l'éditeur est à la fois rémunéré par l'auteur et par les bibliothèques pour la publication d'un article confié gratuitement par l'auteur ! Ce mode de publication est désigné par le doux nom d'Open Choice par certains éditeurs. Le conseil scientifique de l'INSMI recommande d'éviter ce mode de publication !
Attention ! Il arrive régulièrement que des chercheurs publiant un article coche par erreur l'option "Option Choice" sans réaliser que cela les engage à payer des APC et, lorsqu'ils réalisent cela, ils ne parviennent plus à revenir en arrière. Ne pas hésiter à protester en faisant le maximum de publicité.

Le système de cascade
Le principe : un article est soumis à un bon journal, s'il est refusé, on le renvoit à un journal un peu moins bon, si ça n'est pas suffisant, on descend encore plus bas... jusqu'à ce qu'il soit publié. Un système pourri ? Pas pour Elsevier qui a déposé un brevet aux Etats-Unis ! Car cet éditeur y voit un moyen de contrer le peer-reviewing ouvert.

Censure en Chine
La Chine fait pression sur les éditeurs pour bloquer l'accès à certains articles que le régime n'aime pas (sur le Tibet, les événements de 1989...) :
Cambridge University Press avait retiré 315 articles en août 2017. Suite à une protestation, l'éditeur a rapidement rétabli l'accès à ces articles.
• En octobre 2017, Springer-Nature a également bloqué l'accès à 1 % de ses ressources aux chinois. Malgré des protestations, il semble que ce blocage soit resté en place depuis. Cela se fête !

Les revues prédatrices
Leur but est de publier à des fins commerciales, peu importe ce que contiennent les articles. Tout chercheur reçoit quotidiennement des spams flatteurs pour y publier contre le paiement d'un APC (éventuellement après participation à une conférence). En principe les grands éditeurs commerciaux évitent de tomber si bas, mais parfois la frontière entre une vraie revue scientifique et une revue prédatrice n'est pas évidente à tracer.
• Un article du FNSNF Suisse
• Une étude sur la croissance du nombre de revues depuis plus de cinquante ans, notamment une comparaison entre revues "respectables" et prédatrices : Croissance des revues savantes : de la connaissance et... du bruit

Chez les éditeurs


La plupart des grandes maisons d'édition scientifiques sont localisées dans trois pays d'Europe du Nord : Elsevier (RELX) aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, Nature (Nature Springer), Wiley, Taylor & Francis, Cambridge University Press, Oxford University Press au Royaume-Uni, Springer (Nature Springer) en Allemagne, Wolters Kluwer aux Pays-Bas. Elles sont représentées par le syndicat STM.

Des notes conçues par la DIST (Direction de l'Information Scientifique et Technique, CNRS) décrivant l'état du marché :
• Les résultats financiers 2014 et 2015 des grands éditeurs scientifiques (des profits record, un terrain favorable à de nouvelles concentrations).
• Une étude un peu plus détaillée
La fusion annoncée entre Springer et Macmillan Science & Education crée un géant mondial de l'édition scientifique

• Une dépêche boursière récente : (27 novembre 2017) : L'éditeur scientifique Springer Nature prépare une IPO en 2018 (en effet Springer s'est endetté pour acheter Nature et doit être introduit en bourse pour se renflouer).
Perceptions de l'Open Access par les marchés financiers, planches d'un conférence donnée par Sami Kassab aux 6ème journées Open Access organisées par Couperin.
Le syndicat STM (qui regroupe les éditeurs) attaque ResarchGate et somme cette plate-forme de retirer les articles publiés par Elsevier, l'American Chemistry Society, etc.
• Elsevier obtient d'un tribunal américain l'injonction adressée à Sci-Hub de régler 15 millions de dollars à Elsevier à titre de dommages et intérêts (mai 2017).
• Elsevier condamné par la cour de cassation en juin 2017 à verser 3000 euros à un distributeur (résumé du coup ourdi par Elsevier : 1) pour la distribution de ses publications médicales, la société Elsevier Masson (la société Elsevier) a conclu successivement avec la société La Diffusion Sofradif (la société Sofradif) des contrats d'agence commerciale à durée déterminée; 2) la société Elsevier a notifié à la société Sofradif le non-renouvellement des contrats à leur terme et engagé des négociations en vue de la conclusion d'un nouveau contrat, qui n'ont pas abouti à un accord ; 3) se prévalant du non-renouvellement abusif du contrat par la société Sofradif, la société Elsevier l'a assignée en réparation de son préjudice ; 4) celle-là a demandé reconventionnellement le paiement d'une indemnité de cessation de contrat).

Pour en savoir plus

• La page de l'Eprist
• Voir les exposés des Journées "Sciences Ouvertes" organisées par Couperin en janvier 2018
• La page de l'INIST qui donne toutes les actualités
• Les études de la DIST
• Les vidéos et les planches des journées "Accès ouvert : rêve ou réalité" organisées au CIRM par le RNBM du 16 au 20 octobre 2017
• Le site du RNBM
• Le blog l'Alambic numérique (bibliothèque numérique de Clermont-Ferrand)
• La page de la SMF, notamment sur les évolutions entre 2012 et 2014
Une étude de l'Université de Harvard
Un étude socio-économique des revues savantes canadiennes avec un aperçu du modèle de partenariat pour la diffusion en libre accès