Sur la réponse de Jean-Charles Pomerol à Vincent Berger



Résumé des épisodes précédents
La bibliothèque de mathématiques recherche et la BIUSJ
Les soucis de la BIUSJ
Le projet de bibliothèque unique sur deux sites
Le projet proposé par Paris 6
Où en est la bibliothèque de mathématiques recherche ?
Un rapport récent
» Sur la réponse de J.-C. Pomerol à V. Berger

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Je signalais dans Où en est la bibliothèque... le fait que Vincent Berger avait pris position en faveur du projet de bibliothèque unique sur deux site, dans une lettre adressée aux directeurs d'unités de la fédération.

J.-C. Pomerol a répondu à Vincent Berger le premier octobre, dans une lettre qui a été récemment diffusée aux mathématiciens de Paris 6.

Je voudrais me permettre quelques commentaires sur cette lettre.

D'abord quelques précisions à propos du début :

• de même que dans la lettre de J. Lafait, je ne comprends pas très bien ce à quoi J.-C. Pomerol fait référence lorsqu'il précise à propos de la disparition non concertée de la BIUSJ que "cette évolution était déjà inscrite et prévue au précédent contrat quadriennal" : s'agit-il du quadriennal de Paris 6 pour la période 2005-008 ? Dans ce cas voici ce que l'on peut y lire (paragraphe II.2.3) et qui semble ne pas correspondre :
"En fonction de la mise en service de nouveaux espaces documentaires, les deux universités pourront faire évoluer le périmètre de la Bibliothèque interuniversitaire scientifique Jussieu (BIUSJ), dont certains secteurs de niveau recherche, en particulier en mathématiques et en sciences de la terre et de l'univers, ont vocation à rester dans le champ interuniversitaire."
Ajoutons que, contrat quadriennal ou pas, cela ne dispensait pas d'envoyer à Paris 7 un préavis (conformément au décret n 91-321 du 27 mars 1991) ou, au moins, une notification;
• les 800 000 euro dont Paris 7 a "bénéficié" durant la dernière période quadriennale correspondent à la somme affectée à Paris 7 dont il est question dans Le projet de bibliothèque unique.... Ce montant a été affecté à Paris 7 par le ministère sur un projet inter-universitaire, en l'occurrence, celui de bibliothèque unique sur deux sites;
• pas de commentaires sur les appréciations de J.-C. Pomerol sur mon action lorsque j'étais directeur de la fédération (à part qu'à ma connaissance Jean-Yves Chemin n'est pour rien dans les contacts avec le ministère) : j'ai trop peur de contribuer à dramatiser encore plus la situation !
• le travail effectué par le conseil scientifique de la bibliothèque, dont J.-C. Pomerol se fait un plaisir de rappeler l'existence à V. Berger, correspond justement à un des volets du projet de bibliothèque unique sur deux sites et a été mené dans cette optique.

Enfin la partie la plus intéressante de la lettre se situe dans les propositions de l'UPMC. Elle contient de nombreux points positifs : certains figuraient déjà dans les propositions faites en février 2009 (cf. Le projet proposé par Paris 6), d'autres, comme le fait que Paris 6 accepte de transférer deux postes (issus de l'ex-BIUSJ) à Paris 7 pour la bibliothèque, sont des informations nouvelles qui sont de nature à rassurer les mathématiciens. En particulier, on peut se réjouir des points suivants :

L'UPMC propose un lectorat unique, des collections indivises (ce point, qui n'est pas énoncé aussi clairement dans la lettre de J.-C. Pomerol, est sans doute à confirmer), une répartition réversible. Cela satisfait un certain nombre des objectifs poursuivis dans le projet de bibliothèque unique. Dans le même esprit, l'UPMC souhaite une "mutualisation encore plus poussée des moyens et compétences".

Donc, on ne peut que souhaiter que ces propositions soient confirmées par la suite des évènements et les accords qui devraient être conclus entre les présidences des deux universités.

Mais... il reste la question cruciale :

Que propose la présidence de Paris 6 pour que les mathématiciens des deux universités puissent continuer à bénéficier des accès aux mêmes revues que maintenant, sans surcoût important ?

Là-dessus, on ne voit pas clairement ce que propose la présidence de Paris 6. Il est clair que le système dans lequel on aurait "deux bibliothèques de site chacune rattachée financièrement et administrativement au SCD [Service Commun de Documentation] de son université" est pour l'instant largement insuffisant. Il faudrait en plus au moins quelque chose qui lie très fortement les deux bibliothèques...

Une petite parenthèse sur la question du "surcoût" : même si un président d'une des deux universités s'engage auprès des mathématiciens de son université à financer ce surcoût, une telle promesse ne peut, au mieux, ne l'engager que durant la durée de son mandat, et risque d'être difficile à tenir (sans parler du fait que, in fine, c'est le contribuable qui paye). Deux facteurs aggravent ce danger :
• d'abord le fait que les coûts des abonnements ne cessent d'augmenter. Les universités et les scientifiques peuvent certes espérer sortir un jour du joug de certains gros éditeurs, mais, au train où vont les choses, pas avant 10 ou 20 ans.
• avant le passage aux responsabilités et compétences des universités et avant la disparition de la BIUSJ, la pérennité du financement de la bibliothèque de mathématiques était garantie par des contrats liant les universités au ministère (en ce qui concerne les PPF et le budget propre de la BIUSJ, cf. ici). Aujourd'hui tout cela a disparu et le financement des bibliothèques ne dépend plus que de ce que décident les CA des universités. Il faut espérer que le gouvernement mette en place un dispositif pour que les financements des bibliothèques soient encadrés (cf. un rapport récent).


Last modified: Fri Dec 4 14:24:18 CET 2009